C.R.L.D.H. – La vie de Abderrahmane TLILI et celle de sa mère Fatma TLILI sont en danger.

Abderrahmane TLILI, âgé de 66 ans, aborde sa cinquième semaine de la grève de la faim qu’il a entamée le 15 janvier 2008 sans que cette épreuve, dont les conséquences sur son état de santé deviennent alarmantes, n’interpelle les autorités tunisiennes, plus sourdes que jamais à toute préoccupation humanitaire.

Sa mère, Fatma TLILI, épouse du dirigeant historique et grande figure du syndicalisme tunisien, Ahmed TLILI, âgée de 89 ans, a son tour entamé par désespoir une grève de la faim depuis le 12 février 2008. La veille, Fatma Bouamaied Ksila, secrétaire générale de notre Comité lui a rendu visite à son domicile pour lui exprimer le soutien et la solidarité du CRLDHT.

Par leur action non violente, M. Abderrahmane TLILI comme sa mère Fatma, ont voulu dénoncer les conditions de détention et les mauvais traitements sévissant à la prison d’El Mornaguia (proche de Tunis) . M. TLILI et sa famille n’ont pu que constater, au fil des années, la dégradation inquiétante de l’état de santé physique d’Abderrahmane TLILI en dépit des appels lancés aux autorités pour lui permettre de se faire soigner à l’extérieur de la prison.

Dans une mise au point datée du 9 février 2008, le Comité international de soutien à Abderrahmane TLILI (CISAT) souligne que « M.Abderrahmane TLILI souffre de plusieurs maladies graves, dont le diabète et la prostate. Il ne voit presque plus de son oeil gauche. En raison des effets du diabète sur ses membres inférieurs, il marche difficilement obligé de faire ses prières assis sur une chaise. Le médecin de la prison lui a prescrit- à ce jour- plus d’une soixantaine de médicaments avec une moyenne d’environ dix prises par jour. Malgré les multiples demandes de sa famille, l’administration a toujours refusé de lui remettre le moindre bilan de santé. Il a été demandé aux rares spécialistes qui l’ont ausculté en prison de ne divulguer aucune information à la famille ». (pour toute information voir http://www.abderrahmanetlili.org.)

M. TLILI comme sa famille réclament sa libération et celle de tous les prisonniers politiques en Tunisie. Ils dénoncent le procès inéquitable qui lui a été fait en 2004 et qui l’a condamné à une peine de 9 ans de prison ferme et une amende de 44 millions de dinars tunisiens (plus de 22 millions €) pour « abus de pouvoir, octroi illégal de marchés publics et trafic de devises délits d’abus de pouvoir, profit illicite et non déclaration de biens  acquis à l’étranger ». « Pourtant, ni l’instruction judiciaire, ni le Tribunal, n’ont pu établir la moindre preuve matérielle tangible justifiant ces peines. La vente aux enchères publiques de tout le patrimoine immobilier du condamné n’a rapporté en fin de compte que l’équivalent de 130.000 DT (un appartement et une part d’héritage). (Voir la mise au point du CISAT )

Fondateur et ancien- dirigeant de l’UDU (Union démocratique unioniste), parti légal, M. TLILI a été candidat à l’élection présidentielle de 1999. En 2003, il semble prendre ses distances ne voulant plus jouer le rôle de «figurant» pour l’élection présidentielle de 2004. Le 28 août 2003 vers 11 h, alors qu’il rendait visite à sa mère, dans le quartier El Menzah, M. Tlili a été pris à partie par plusieurs individus qui l’ont sauvagement agressé et lui ont dérobé ses affaires (http://www.dailymotion.com/video/xtvc4_agression-en-tunisie). Incarcéré depuis 17 septembre 2003, M. Tlili a été jugé et condamné en juin 2004.

De nombreuses personnalités réclament la libération de M.TLILI pour lui permettre de retrouver sa famille et de pouvoir se soigner correctement dans une structure hospitalière adaptée. En dépit de ces appels, les autorités feignent d’ignorer la gravité de la situation. Le caractère délibéré et entêté de la « désinformation » à laquelle elles ont recours est intolérable et criminel.

Le CRLDHT lance un appel pressant pour que les pressions nationales et internationales se renforcent. En attendant, M. Abderrahmane TLILI et sa mère Fatma , ont, une fois de plus, réitéré de leur volonté de ne pas mettre un terme à l’action qu’ils ont entamé, à laquelle les autorités tunisiennes opposent une indifférence criminelle faisant fi des risques très graves qu’ils encourent.

Paris, le 18 février 200818