Mise au point: A l’annonce de la grève de la faim les autorités tunisiennes nient.

Dimanche 10 février 2008 13 h 00, Je viens d avoir la Mère de Mr Abderhamane TLILI au téléphone  et qui m’a affirmé avec courage et dignité que l’état de santé de son fils gréviste de la faim s’est  gravement détérioré et que l’administration  pénitentiaire lui refuse  l’autorisation pour   rendre visite à son fils tous les 3 ou 4 jours pour le soutenir  au lieu de tous les 15 jours.
Chokri YACOUB.
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A l’annonce de la grève de la faim d’Abderrahmane TLILI, les Autorités tunisiennes ont choisi de répondre par des déclarations mensongères et diffamatoires:

- Le 21 janvier, une source officielle a déclaré à l’Agence France Presse que le prisonnier  «n’est pas en grève de la faim».

- Le 6 février, un quotidien gouvernemental- ne nie pas que Abderrahmane soit en grève de la faim- mais rapporte que le “Président de la Haute Commission des Droits de l’Homme a constaté par lui-même que ses conditions de détention sont plus que parfaites et que son état de santé est stationnaire et que sa tension artérielle n’a pas variée de 12.7 depuis son incarcération…”. Bien que Abderrahmane soit en prison depuis quatre années et demi, âgé 66 ans et diabétique de longue date.

- Dans l’intervalle, les services de la propagande officielle ont contacté des «journaux amis» à l’étranger leur demandant de publier sous pseudonymes des articles pré rédigés déniant à Abderrahmane la qualité d’opposant ou de prisonnier politique Ces journaux ont tous refusé de le faire.

Face à ces méthodes d’un autre âge, le Comité international de soutien à Abderrahmane TLILI apporte à l’attention de l’opinion internationale les présentes clarifications:

- Le Président de la «Haute Commission des Droits de l’Homme» qui a visité, le 6 courant, Abderrahmane TLILI dans sa cellule n’est qu’un fonctionnaire à la retraite nommé et révocable à tout instant par le pouvoir politique. La structure qu’il représente n’a jamais dénoncé la moindre atteinte des libertés en Tunisie. L’accès à l’intérieur des prisons tunisiennes est interdit aux organisations indépendantes nationales et internationales et même aux avocats.

- Pour les Autorités tunisiennes, il n’y a jamais eu de prisonniers politiques en Tunisie, ni d’ailleurs de grévistes de la faim. Ancien Premier Ministre, Ministres, Chef de la Centrale syndicale, opposants et mêmes journalistes, ont été- tous sans exception- condamnés, ces vingt dernières années, sur la base de pseudo motifs de droit commun et traités par la suite comme tels. Personne n’a échappé à cette règle.

- Abderrahmane TLILI a été actif sur la scène politique tunisienne depuis plus de quarante ans. Il était notamment fondateur d’un parti politique et candidat aux élections présidentielles. Dans un livre publié en 2000(*), il a appelé à des réformes économiques et à la démocratisation politique des institutions. Il est le fils d’une grande figure du mouvement syndical et national qui a consacré les dernières années de sa vie à la lutte pour la démocratie en Tunisie.

undefined- Une semaine avant sa mise en accusation, Abderrahmane TLILI a été sauvagement agressé dans la rue par un groupe d’individus (*). De son lit d’hôpital, il a déclaré à la presse internationale qu’il a reconnu ses agresseurs comme étant des agents du Ministère de l’Intérieur. Celui-ci n’a pas commenté ces accusations et aucune enquête de police n’a été ouverte- même formellement- pour retrouver les coupables. Ce type d’agression en Tunisie contre les opposants est fréquent.

- Abderrahmane TLILI a été condamné à des peines sans précédent dans l’histoire judiciaire tunisienne: neuf années de prison ferme et l’équivalent de quarante-quatre millions de $, pour mauvaise gestion et possession de biens à l’étranger. Pourtant ni l’instruction judiciaire, ni le Tribunal, n’ont pu établir la moindre preuve matérielle tangible justifiant ces peines (*). La vente aux enchères publiques de tout le patrimoine immobilier du condamné n’a rapporté, en fin decompte, que l’équivalent de 130.000 $ (un appartement et une part d’héritage).

- Le procès d’Abderrahmane TLILI a eu lieu dans un contexte caractérisé par l’apparition en Tunisie de nouvelles grandes fortunes manifestement illégitimes. Connus de l’opinion publique, ces nouveaux riches continuent de fructifier leurs patrimoines, en Tunisie et à l’étranger, sous l’oeil indulgent du pouvoir politique et sans être nullement inquiétés, ni par la justice, ni par la presse gouvernementale et encore moins par l’administration fiscale. La Tunisie n’a connu ces dernières années de grands procès- sous prétexte de la lutte contre l’argent illicite- que ceux de Abderrahmane TLILI et de Ismail SAHBANI, ex-Secrétaire Général de la centrale syndicale.

- Abderrahmane TLILI a 66 ans et souffre de plusieurs maladies graves, dont le diabète et la prostate. Il ne voit presque plus de son oeil gauche. En raison des effets du diabète au niveau de ses membres inférieurs, il marche difficilement et il est obligé de faire ses prières assis sur une chaise. Le médecin de la prison lui a prescrit- à ce jour- plus d’une soixantaine de médicaments avec une moyenne d’environ dix prises par jour. Malgré les multiples demandes de sa famille, l’administration a toujours refusé de lui remettre le moindre bilan de santé. Il a été exigé des rares spécialistes qui l’ont ausculté en prison de ne divulguer aucune information à la famille (*).

- Depuis son incarcération, Abderrahmane TLILI n’est pas traité comme un prisonnier ordinaire:

Ses lectures et son courrier sont soumis à la censure. Il ne peut recevoir sa mère et ses frères et – même son avocat – qu’en présence de trois policiers. Son fils a été interdit pendant plus de trois ans de quitter le territoire, sans aucune raison légale. Ses documents confisqués lors des perquisitions de son domicile et de son bureau n’ont pas été restitués en dépit de ce que prévoit la loi tunisienne et malgré les multiples demandes de sa famille.

Ce sont là des éléments factuels qui expliquent les causes de la situation actuelle de Abderramane et le sens du combat qu’il mène, aujourd’hui, au détriment de sa santé et au risque de sa vie.

Les gesticulations d’une propagande officielle qui a perdu depuis longtemps toute crédibilité ne sont qu’une preuve, de plus, de la justesse de sa cause.

Le Comité international de soutien à Abderrahmane TLILI.

Le 8 février 2008.

Pour toute information: Famille TLILI: OO 216 71 753 423.

(*)-Cfhttp://www.abderrahmanetlili.org/

Cf

http://www. abderahmane.over-blog.com

(*)- Dépêche de l’AFP du 28.8.2003.

(*)- Cf. Maître Anouar BASSi.

(*)- Cf. Professeur Khémais NAGATTI.